Logement indécent : pas de congé pour travaux et indemnisation limitée à 3 ans
La Cour de cassation rappelle qu’un logement indécent interdit le congé pour travaux et limite l’indemnisation du locataire à trois ans.
Ce qu’il faut retenir
La Cour de cassation confirme que l’indemnité d’occupation due après résiliation du bail commercial n’est pas une dette contractuelle, mais quasi délictuelle, car elle sanctionne une occupation sans droit ni titre. Conséquence majeure : le dirigeant qui organise l’insolvabilité de sa société pour échapper à cette dette peut être poursuivi pour organisation frauduleuse d’insolvabilité.
Une société locataire cesse de régler les loyers d’un local commercial. Le bail est résilié judiciairement, avec condamnation au paiement :
Avant l’audience d’appel, le gérant met en œuvre plusieurs opérations destinées à rendre la société insolvable :
Le bailleur dépose alors plainte pour organisation frauduleuse d’insolvabilité.
Prévu par l’article 314-7 du Code pénal, (C. pén., art. 314‑7) ce délit sanctionne toute personne qui organise volontairement son insolvabilité afin d’échapper à l’exécution d’une condamnation patrimoniale.
L’objectif est de protéger les créanciers lorsque le débiteur met en place des manœuvres destinées à empêcher l’exécution d’une décision de justice.
La qualification juridique de l’indemnité d’occupation conditionne l’application du droit pénal :
Les dettes contractuelles sont exclues du champ d’application du délit d’organisation frauduleuse d’insolvabilité.
Les dettes délictuelles ou quasi délictuelles peuvent, au contraire, fonder des poursuites pénales.
La chambre criminelle confirme la condamnation du gérant.
Elle juge que :
L’indemnité d’occupation post‑résiliation est de nature quasi délictuelle, car elle sanctionne une occupation sans droit ni titre, constitutive d’une faute civile (C. civ., art. 1240), et n’a pas sa cause dans le contrat de bail.
Ainsi, cette dette entre dans le champ de l’article 314‑7 du Code pénal, permettant la poursuite du dirigeant.
La Cour confirme une ligne déjà amorcée : ➡️ après résiliation, la dette change de nature.
Le bailleur peut désormais invoquer le droit pénal lorsque le locataire organise son insolvabilité pour échapper à l’indemnité d’occupation.
L’arrêt concerne un bail commercial, mais il interroge sur une possible extension aux baux d’habitation, notamment lorsque :
En théorie, la logique est transposable :
l’indemnité d’occupation post‑résiliation en habitation est également quasi délictuelle (jurisprudence constante).
Si un locataire organise volontairement son insolvabilité, le délit pourrait être caractérisé.
Mais en pratique, les poursuites pénales restent rares en matière d’habitation, faute de preuves de manœuvres organisées. Cet arrêt pourrait encourager les bailleurs à mobiliser davantage cet outil dans les situations les plus graves.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement de la protection des propriétaires, déjà illustré par la loi antisquat.
Pour aller plus loin : Regardez notre vidéo pédagogique : « Loi antisquat : ce que les professionnels doivent absolument savoir »
La Cour de cassation rappelle qu’un logement indécent interdit le congé pour travaux et limite l’indemnisation du locataire à trois ans.
Le bailleur peut retirer son offre de vente avant l’acceptation du locataire commercial. Analyse de l’arrêt de la Cour de cassation du 25 juin 2026.
Depuis 2024, la voie électronique est la règle en copropriété. Découvrez les nouvelles obligations des syndics, les risques et les recommandations GRECCO.
Contactez nous par téléphone au 07 66 23 83 01
ou par e-mail à contact@immodroit-
ou directement en nous laissant votre demande en remplissant les champs ci-contre.
Notre équipe commerciale est disponible pour vous !