Organisme référencé Datadock

Dispositif Jeanbrun 2026 :

la nouvelle fiscalité de l’investissement locatif

La loi de finances pour 2026 introduit un nouveau mécanisme fiscal majeur destiné à soutenir l’investissement locatif : le statut du bailleur privé, aujourd’hui appelé dispositif Jeanbrun. 

Ce dispositif s’inscrit dans les politiques publiques de soutien à la production de logements, après la disparition progressive du Pinel. Contrairement aux dispositifs précédents basés sur la réduction d’impôt, il repose sur un mécanisme d’amortissement fiscal immobilier, marquant un retour à une logique économique de détention longue. 

Le cadre juridique repose principalement sur : 

  • Article 31 CGI I 1° i et j du projet de loi de finances devant le conseil constitutionnel à l’heure de la rédaction de cet article 

Pourquoi le gouvernement a créé le dispositif Jeanbrun ?

Trois objectifs politiques majeurs : 

1️ Relancer la construction locative privée 
Après la chute des ventes en VEFA et la fin du Pinel. 

2️ Accélérer la rénovation énergétique 
Condition DPE A ou B. 

3️ Produire du logement intermédiaire et social
Via plafonds loyers + plafonds ressources locataires. 

Historique : comment la loi de finances 2026 a créé ce nouveau dispositif locatif

Le dispositif Jeanbrun résulte d’un cycle parlementaire particulièrement dense en vue de l’adoption de la loi de finances pour 2026. 

Chronologie législative clé 

  • 14 octobre 2025 : dépôt PLF — 82 articles 
  • 21 novembre 2025 : rejet Assemblée nationale 
  • 15 décembre 2025 : adoption Sénat modifiée — 253 articles 
  • 23 janvier : 49.3 gouvernemental 
  • 29 janvier : motion question préalable Sénat 
  • 30 janvier : nouveau 49.3 Assemblée 
  • 2 février : vote motions censure 
  • 4 février : le projet est transmis au Conseil constitutionnel 
 

Ce parcours illustre la complexité actuelle concernant les finances de l’État et la sensibilité politique du sujet logement et de la fiscalité immobilière. 

Biens immobiliers éligibles en 2026 : les logements concernés

Seuls les biens collectifs sont concernés. Il peut s’agir d’un bien en copropriété, en monopropriété mais qui doit au minimum comporter deux logements. Une référence est faite à l’article L111-1, 6° du Code de la construction et de l’habitation qui prévoit qu’un bâtiment d’habitation collectif est « un bâtiment à usage principal d’habitation regroupant plus de deux logements partiellement ou totalement superposés ». 

Il faut donc en conclure qu’un bien en copropriété horizontale ou issue de la division d’une maison individuelle ne sera pas éligible au dispositif 

Il peut s’agir autant d’un bien en VEFA, déjà construit mais pas encore utilisé comme d’un bien que l’on construit ou fait construire soi-même.

Ce sont des biens qui devront bénéficier de travaux lourds au sens du décret 2025-913 du 5 septembre 2025. Le montant de ces travaux devra correspondre à 30% du prix d’acquisition net de frais. 
Cela concerne également les surélévations. 
Au final la lettre du DPE devra être en A ou B.  

Qui est éligible à ce dispositif fiscal immobilier ?

On retrouve en premier lieu les personnes physiques. Mais les sociétés de personnes à l’IR et plus généralement les sociétés à l’IR le sont également. Ce qui sera donc le cas pour une SCI à l’IR. 

A noter également que l’achat en indivision permettra également de bénéficier de l’avantage fiscal. 

Enfin les sociétés soumises à l’IS ne pourront investir et bénéficier du dispositif quelle que soit leur forme juridique.

Conditions de location obligatoires

Critère Obligation
Type location Nue
Durée 9 ans minimum
Usage Résidence principale
Mise en location 12 mois max suivant l’achèvement de l’immeuble ou des travaux

Restrictions concernant les locataires : 

  • Ils ne pourront pas appartenir au foyer fiscal de l’investisseur bénéficiant de l’amortissement 
  • Les proches parents, c’est-à-dire jusqu’au second degré ne pourront pas non plus être locataires. 
  • Les associés, dans les même restrictions (foyer fiscal, proche parent) ne pourront non plus prétendre à la location du bien. 

Plafonds loyers et locataires

Les revenus des locataires et le montant des loyers sont soumis à l’un des trois plafonds suivants : 

  • Intermédiaire
  • Social
  • Très social

Avantage fiscal : l’amortissement immobilier locatif

Le principal intérêt du dispositif réside dans la possibilité d’amortir fiscalement le bien immobilier à partir du mois d’achèvement ou d’acquisition. 

En revanche, les travaux d’entretien, de réparation ou d’amélioration ne sont pas intégrés dans la base amortissable. 

Afin d’apprécier au mieux le fonctionnement de cet avantage, nous vous proposons le tableau suivant : 

AMORTISSEMENT
Type de bien Terrain Base amortissable Location intermédiaire Location sociale Location très sociale
Bien neuf dans un bâtiment d’habitation collectif 20 % du prix d’acquisition net de frais Le prix d’acquisition net de frais moins le foncier 3,5 % 4,5 % 5,5 %
Bien ancien dans un bâtiment d’habitation collectif 20 % du prix d’acquisition net de frais Le prix d’acquisition net de frais moins le foncier plus le montant des travaux 3 % 3,5 % 4 %
Plafond annuel de l’avantage pour le foyer fiscal 8 000 € 10 000 €* 12 000 €*

* Les 10 000€ ou 12 000 € d’amortissement sont conditionnés à la réalisation d’au moins 50% des recettes brutes ouvrant droit à l’abattement dans le type de location concernée (plafond social ou très social)

Les incompatibilités fiscales

Ce nouveau dispositif n’est pas cumulable avec les dispositifs suivants : 

  • Pinel 
  • Malraux 
  • Monuments historiques 
  • Les investissements dans les pays et territoire d’outre-mer 
 

A noter également que le régime du micro-foncier ne lui est pas applicable. 

En revanche, et c’est une excellente nouvelle, dans la version adoptée de la loi telle que soumise au Conseil constitutionnel, le déficit foncier est cumulable avec l’amortissement du dispositif Jeanbrun. 

Risques fiscaux : sanctions

Si non-respect : 

➡ Réintégration des amortissements 
➡ + rappel fiscal 

Plus-value immobilière : attention aux amortissements

Comme rien n’est parfait en ce bas monde, il a été prévu, à l‘instar du LMNP, la réintégration des amortissements dans la base taxable lors de la revente.  

A l’origine, ce dispositif présenté en tant que statut du bailleur privé, prévoyait une exonération totale d’imposition sur la plus-value mais cela a été abandonné lors des discussions parlementaires. 

Toutefois les dispositions des articles 150 U et 150 VC du code général des impôts sont applicables à ce type d’investissement ce qui, en cas de longue détention, viendra largement effacer le montant de l’impôt voir le supprimer totalement en cas de revente au-delà de trente ans. 

Stratégie investisseurs 2026

Profil idéal 

✔ TMI élevée (toutefois le mécanisme de l’amortissement profite à toutes les tranches d’imposition) 
✔ Vision long terme 
✔ Projet rénovation énergétique 

Moins adapté 

⚠ Revente rapide 
⚠ Stratégie cash-flow court terme 

Conclusion

Le dispositif Jeanbrun devient la nouvelle norme fiscale locative long terme. Il transforme l’investissement immobilier en stratégie patrimoniale amortissable plutôt qu’en niche fiscale immédiate. 

Dernier point positif : alors que la loi n’est pas encore promulguée, des discussions sont déjà en cours pour l’améliorer. 

Articles similaires

Baux successifs : la date certaine comme fève juridique

Comme dans la galette des rois, la fève ne se cache pas au hasard : en matière de baux successifs, c’est la date certaine qui couronne le premier preneur.
La Cour de cassation par un arrêt du 4 septembre 2025 (3e civ., 4 septembre 2025 n° 24-14019) rappelle que face à deux baux sur le même bien, l’emporte celui qui a acquis en premier date certaine (1) (art. 1377 C. civ.).
Le second bail n’est pas nul : il est inopposable au premier, sauf mauvaise foi.
Pour l’immobilier d’entreprise, la date certaine devient la fève qui garantit la sécurité juridique.

Lire la suite »

PADDUC : où la fève se cache parfois… dans un champ d’oliviers

Le Conseil d’État a confirmé par un arrêt du 9 décembre 2025 (CE ch. Réunies 9 décembre 2025, Req. 491693) l’annulation d’un permis en Corse : faute de PLU/SCOT, le PADDUC s’impose et les espaces stratégiques agricoles (ESA) posent un principe d’inconstructibilité, sauf exceptions encadrées.
Pour les acteurs transaction, la leçon d’Épiphanie tient en trois mots : vérifier, cartographier, sécuriser. À défaut, la galette finit sans fève et la promesse, sans constructibilité.

Lire la suite »

Disponibilités

Remplissez ce formulaire pour connaître
les dates de la formation qui vous intéresse.