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Logement indécent :

pas de congé pour travaux et indemnisation limitée à trois ans

📌 Ce qu’il faut retenir

La Cour de cassation rappelle deux règles essentielles pour la gestion locative :

  • Un bailleur qui a loué un logement indécent ne peut pas donner congé pour motif légitime et sérieux en invoquant des travaux de mise en conformité.
  • Le locataire peut obtenir réparation de son préjudice de jouissance… mais uniquement sur les trois années précédant sa demande en justice.

En clair : ➡️ Les travaux ne se prescrivent pas, mais les dommages-intérêts, si.

Cass. 3e civ., 4 juin 2026, n° 24‑16.993 et n° 24‑11.437 (publiés au Bulletin)

Une photo d'un petit studio dégradé, avec des murs abîmés, une fenêtre vétuste

Quand un studio de 8,84 m² devient un cas d’école

Dans la première affaire, la bailleresse avait loué un studio de 8,84 m². Une surface qui, pour certains, évoque davantage un dressing qu’un logement. Le juge déclare le local indécent et impropre à l’habitation. Quatre mois plus tard, la bailleresse délivre un congé pour motif légitime et sérieux, en invoquant des travaux de mise en conformité.

La Cour de cassation casse : 

➡️ On ne peut pas expulser un locataire pour réaliser des travaux destinés à corriger une indécence que l’on connaissait dès l’origine.

Autrement dit : Le bailleur doit réparer… mais ne peut pas “réparer” son erreur initiale en mettant fin au bail.

L’obligation de délivrance : une obligation continue

Les textes sont limpides :

 

La Cour rappelle que : 

➡️ Le bailleur ne peut ni invoquer la nullité du bail, ni sa résiliation, ni un congé pour travaux lorsque l’indécence était connue dès l’origine.

Le congé pour motif légitime et sérieux ne peut pas servir de “porte de sortie” à un bailleur qui a manqué à son obligation de délivrance.

Indemnisation du préjudice de jouissance : trois ans, pas plus

Dans la seconde affaire, la locataire demandait l’indemnisation de son préjudice de jouissance depuis… 2005. Une demande longue comme un roman, mais juridiquement impossible.

La Cour rappelle que :

  • L’obligation de délivrance est continue : le locataire peut demander à tout moment l’exécution forcée des travaux.
  • Mais l’indemnisation est prescrite par trois ans (article 7‑1 de la loi de 1989).

➡️ Le locataire peut obtenir réparation, mais uniquement pour les trois années précédant l’assignation.

Une manière élégante pour la Cour de dire : “Oui pour les travaux, non pour les dommages-intérêts éternels.”

Professionnels de l’immobilier :

🔹 Ce que doivent retenir les professionnels de la gestion locative

La décence n’est pas une formalité administrative : c’est un pilier du bail d’habitation. Un logement indécent entraîne :

  • impossibilité de donner congé pour travaux,
  • impossibilité d’expulser,
  • obligation de mise en conformité,
  • risque de réduction ou suspension du loyer,
  • indemnisation du préjudice de jouissance (dans la limite de trois ans).
 

En somme : ➡️ Un logement indécent est un risque juridique, financier et opérationnel majeur.

Conseils pratiques pour les professionnels

Pour éviter les contentieux, il est essentiel de :

  • vérifier la conformité du logement avant mise en location,
  • anticiper les travaux nécessaires,
  • documenter les interventions,
  • informer clairement les bailleurs des risques liés à l’indécence,
  • réagir rapidement aux demandes du locataire.
 

Et pour maîtriser les règles de décence et d’habitabilité — notamment les surfaces minimales, les critères de sécurité, de ventilation ou de performance énergétique — vous pouvez consulter notre article dédié : 

👉 Logement sous les 22 m² : quelles règles de décence et d’habitabilité en 2026 ? https://www.immodroit-formation.fr/logement-sous-les-220-m-quelles-regles-de-decence-et-dhabitabilite-en-2026/

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